Les normes de sécurité

Deux normes de sécurité: Leur différence fondamentale

La technique de liposuccion tumescente a évolué en deux procédures distinctes mais similaires, avec deux normes distinctes de sécurité. La différence fondamentale entre ces deux normes est ” la quantité de liposuccion considérée comme étant sûre”. L’expression ” quantité de liposuccion” fait à la fois référence au volume de graisse retiré et au nombre de zones traitées par la liposuccion en une journée ou en une semaine. Si on compare la liposuccion sous anesthésie générale avec la liposuccion sous anesthésie locale, cette dernière est faite avec plus de douceur, sur moins de zones traitées et un petit volume de graisse est retiré. De plus, des interventions chirurgicales sans rapport ne sont pas pratiquées le même jour. Lorsque la liposuccion est faite sous anesthésie générale, les chirurgiens sont tentés de retirer un plus grand volume de graisse, de  traiter plusieurs zones et de faire des interventions de chirurgie esthétique sans rapport le même jour. L’utilisation de l’anesthésie générale rend une intervention excessive plus facile. Les chirurgiens et les anesthésistes sont tous les deux responsables et doivent insister sur la sécurité des patients en évitant les interventions trop lourdes à supporter en un seul jour. Un patient qui accepte de “tout faire en un seul jour” prend le risque de s’exposer à des complications. Le vrai danger de l’anesthésie générale est que cela permet au patient et au chirurgien de planifier une intervention trop lourde en un seul jour.

Les médicaments utilisés pour l’anesthésie générale.

L’anesthésie générale produit une inconscience et une insensibilité à la douleur. Une anesthésie systémique est un médicament apparenté qui est successible de nuire à la respiration du patient, d’altérer ses réflexes de protection respiratoire. De plus, profondément endormi, il ne peut communiquer. Dans l’anesthésie systémique, est inclus l’anesthésie générale par inhalation de gaz anesthésiants tel que l’halothane ou l’isoflurane; est également inclus l’anesthésie par intraveineuse tel que le propofol (Diprivan), le midazolam (Versed), la ketamine (Ketalar) et les drogues comme la péthidine (Demerol), ou le fentanyl (Sublimaze). Toutes ses drogues sont généralement utilises pour une anesthésie générale.

Quelle est la forme d’anesthésie la plus sûre ?

Si une intervention chirurgicale de routine peut être faite sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale, alors le choix de l’anesthésie dépend de plusieurs facteurs notamment la sécurité et la commodité. Les dentistes peuvent faire une intervention dentaire en utilisant soit l’anesthésie locale, soit l’anesthésie systémique. Cependant, ils choisissent généralement l’anesthésie locale parce qu’elle est plus sûre. Elle est même considérée comme nettement moins dangereuse que l’anesthésie systémique. L’anesthésie systémique est sans danger lorsqu’elle est administrée par un anesthésiste attentif. Les dangers de l’anesthésie systémique augmentent quand le chirurgien ou l’anesthésiste ignore les risques d’une trop grande liposuccion ou les risques d’interventions chirurgicales multiples pratiquées le même jour. Il est dans l’intérêt du patient de dire au chirurgien de ne pas essayer de faire une trop grande quantité de liposuccion en une journée.

Confort versus sécurité.

Lorsqu’on considère la liposuccion d’une grande quantité de graisse, il faut mettre dans la balance la sécurité, le confort et l’économie de faire toute la liposuccion nécessaire en une seule journée. Lorsqu’on considère les frais liés à chaque anesthésie générale, les préoccupations financières peuvent pousser un patient à avoir plusieurs chirurgies esthétiques le même jour. Faire une méga-session de chirurgie esthétique demande une période pour récupérer, mais diviser plusieurs chirurgies esthétique et les étaler sur plusieurs jours permettent une récupération de courte durée et moins de temps éloigné du travail. Beaucoup de patients et de chirurgiens croient qu’il est plus sûr de 1) Limiter la quantité de liposuccion faite en une journée et 2) éviter d’ajouter des chirurgies esthétiques non-liées à la liposuccion le même jour. C’est au patient de choisir.

Formation pour l’anesthésie tumescente.

Sans formation spéciale, la plupart des chirurgiens sont incapables de faire  une liposuccion tumescente de routine totalement sous anesthésie locale, sans anesthésie systémique. Les anesthésistes sont formés pour administrer une anesthésie systémique mais ils ne sont pas formés pour injecter la  solution anesthésique tumescente locale sans l’anesthésie systématique. La plupart des chirurgiens qui font la liposuccion utilisant l’anesthésie générale, n’ont aucune expérience dans la pratique de la liposuccion sous anesthésie locale.

Deux genres de liposuccion excessive.

Il y a deux formes de liposuccion excessive : 1) Enlever beaucoup de graisse en une seule intervention et 2) traiter plusieurs parties du corps en une seule intervention. Certains chirurgiens estiment que  l’on peut enlever 5 à 8 litres de graisse sous anesthésie générale pour une intervention vraiment prolongée. D’autres estiment que c’est trop d’enlever 3 à 4 litres de graisse par jour. D’autre part, en traitant un patient relativement mince, il peut être extrêmement dangereux d’enlever jusqu’à 2 litres de graisse si c’est l’ensemble du corps qui subit une liposuccion. Quand un patient désire une importante liposuccion, il est plus sûr d’étaler les interventions et procéder à plusieurs liposuccions en assurant un intervalle de 3 à 4 semaines.

La liposuccion excessive est dangereuse.

Il est impossible de déterminer à quel moment exact une intervention sûre devient dangereuse. Il n’y a aucune limite distincte définissant les limites d’une intervention chirurgicale sûre. Lorsque la liposuccion franchit la frontière de l’excès, elle n’est plus une intervention esthétique bénigne mais une intervention potentiellement létale. Satisfaire le désir de “tout faire en une seule opération” peut être dangereuse. Il n’existe aucun antidote pour une dose toxique de traumatisme chirurgical. L’approche la plus sûre est la prévention et cela exige du bon sens. Il faut également faire attention à la quantité de chirurgies.

Le traumatisme d’une chirurgie excessive est dangereux.

Le corps ne peut subir qu’une quantité limitée de traumatismes chirurgicaux, ensuite les risques de complications chirurgicales augmentent considérablement. Trop de traumatismes chirurgicaux dus à la liposuccion de tous le corps le même jour peut être fatal. Il est aussi dangereux de subir plusieurs interventions de chirurgie esthétique non liées à la liposuccion. Par exemple, un lifting facial, une augmentation mammaire, le resurfaçage laser du visage et une importante liposuccion le même jour peuvent être fatals. La chirurgie esthétique n’est pas une chirurgie d’urgence. Il est beaucoup plus prudent de diviser une longue liste de chirurgie esthétique et d’étaler les interventions sur plusieurs jours.

Des techniques d’infiltrations opposées.

La liposuccion tumescente sous anesthésie générale est différente de la liposuccion sous anesthésie totalement locale. Avec l’anesthésie générale, l’infiltration de la solution anesthésique n’a pas besoin d’être approfondie. Sous anesthésie générale, le patient est inconscient et il ne sait pas si l’anesthésie locale est insuffisante par endroit. En revanche, la liposuccion pratiquée uniquement sous anesthésie locale demande une formation afin de maîtriser à 100% l’anesthésie tumescente.

Opinions sur la sûreté de l’anesthésie.

Une enquête auprès des chirurgiens esthétiques concernant la préférence anesthésique, a révélé une contradiction possible. Parmi les chirurgiens esthétiques qui ont fait une intervention de chirurgie esthétique, 90% ont choisi l’anesthésie locale. Cependant, parmi les patients de ces mêmes chirurgiens, seulement 40% ont reçu une anesthésie locale. (Conférence donnée en 1994, Cambridge en Angleterre par Kel Cohn, MD, Président, Département de chirurgie plastique de l’université de Caroline du Nord.)

ABC’s “20/20”

ABC’s “20/20, une émission télévisée, a montré en 1995 un patient éveillé et souriant pendant qu’il subissait une liposuccion tumescente totalement sous anesthésie locale. L’émission télévisée faisait une évaluation de la technique tumescente si favorable qu’elle a engendré une hausse de la demande de “liposuccion sûre”. A travers le pays, quand un potentiel patient se renseignait sur la liposuccion sa première question était : “Utilisez-vous la technique tumescente ? ” Les chirurgiens ont vite compris que les patients exigeaient une réponse positive. Ne sachant pas faire une liposuccion tumescente sous anesthésie locale, beaucoup de chirurgiens répondait simplement “nous avons une version modifiée de la technique tumescente”. Ainsi, à ce moment-là, deux normes de soin pour la liposuccion tumescente ont émergées, chacune ayant des normes de sécurité distinctes.

Conclusion.

La liposuccion totalement sous anesthésie locale est généralement accomplie sans conséquences sérieuses. Cependant lorsque le chirurgien retire une trop grande quantité de graisse, il néglige inconsciemment les normes de sécurité. Dans ce sens, il y a beaucoup plus de risques  avec la liposuccion sous anesthésie générale. A notre connaissance, il n’y a aucun décès associé à la liposuccion tumescente totalement réalisée sous anesthésie locale ; lorsque le médecin respecte le bon dosage d’anesthésie locale.

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